Origine du peuple Banen

Un peuple en mouvement, entre savane et forêt

Le peuple Banen est originaire du Cameroun central — un peuple de la savane qui, au fil des siècles, a appris à vivre en milieu forestier. Selon les traditions orales, ses origines remonteraient à la région du Noun. Depuis lors, il a connu de nombreuses migrations vers la côte, portées par la constitution des empires et des royaumes, tantôt individuelles, tantôt collectives.

L'histoire de son implantation à la lisière de la forêt reste, encore aujourd'hui, une énigme. Toutes les traditions s'accordent néanmoins sur un point : une longue période de sédentarisation a précédé leur entrée dans la forêt. Les Banen ont d'ailleurs conservé certaines techniques agricoles héritées de la savane, comme la confection de buttes coniques pour la culture de la patate douce.

Le territoire Banen

Le pays Banen s'étend à cheval entre les Régions du Centre et du Littoral, au cœur d'un espace de transition remarquable : entre le plateau sud-camerounais, la plaine littorale et les hauts plateaux de l'Ouest ; entre la forêt et la savane ; entre des populations aux histoires et aux ancrages territoriaux différents.

Cette terre est traversée par un réseau dense de cours d'eau, organisé autour de trois grands fleuves :

  • Le Noun et ses affluents (Ndé, Makénéné, Manoui, Mana, Makam) — au Nord-Est

  • La Makombè et ses tributaires (Molo, Nihoun, Inoupou, Nebamo, Nouye, Kyakan, Nihep) — au Sud-Ouest

  • La Sanaga et les siens (Lebamo, Nebamo, Djouel) — au Sud-Est

Certains de ces cours d'eau marquent les frontières naturelles avec les Régions du Littoral (la Makombè) et de l'Ouest (le Noun et le Ndé).

"Entre forêt et savane, entre hier et aujourd'hui — le peuple Banen porte en lui la mémoire vivante d'un territoire."

Où vivent les Banen aujourd'hui ?

Aujourd'hui, les Banen sont établis principalement dans les arrondissements de Ndikiniméki, Nitoukou et Yingui. En raison des découpages administratifs et des évolutions historiques, on les retrouve également dans les arrondissements de Makénéné et de Bonépupa.

Malgré cette dispersion administrative, le peuple Banen reste profondément uni par une histoire migratoire commune, une langue partagée, des traditions et des us transmis de génération en génération et par le fait qu'aucune autre ethnie ne sépare leurs territoires.

Vous êtes scientifique, ethnologue, anthropologue ayant travaillé sur le peuple Banen ? Vous êtes issu ou descendant du peuple Banen ? Vos connaissances et votre mémoire sont précieuses. Hisendji les accueille.